vaginismePénétration impossible: Comment guérir le vaginisme

1- Qu’est-ce que le vaginisme ?

Le vaginisme est l’impossibilité, pour une femme qui le désire, d’être pénétrée.

Elle souhaite consciemment pouvoir le faire mais les muscles de son vagin et de son périnée se contractent de façon involontaire et la pénétration de la verge est impossible.

Le vaginisme est un réflexe de contraction des muscles du vagin et du périnée. Comme tous les réflexes, il échappe à la conscience.

C’est un peu comme si une partie d’elle souhaitait ce rapport sexuel et qu’une autre le refusait…Et c’est cette part qui l’emporte !

Le partenaire peut avoir la sensation de se heurter à un “mur”.

Le vaginisme peut être primaire quand la pénétration est impossible depuis toujours, ou secondaire quand la pénétration a déjà été possible…

 

2-Pour guérir du vaginisme, il faut comprendre comment est fait le vagincomment guérir du vaginisme

Comment est fait le vagin ?

  • Le vagin est une sorte de tube musculaire, d’environ 8cm entre l’entrée et le fond.
  • Il est tapissé intérieurement d’une peau particulière, présentant de nombreux plis, appelée muqueuse (un peu comme celle que l’on a dans la bouche ou le nez).
  • S’il n’est pas pénétré par un tampon ou le sexe d’un homme, ses parois se touchent. On parle de cavité virtuelle. Un peu comme quand vous prenez un sac au supermarché: Il est plat et vous en écartez les deux côté pour utiliser le sac.

Je vous conseille de lire cet article , très bien fait, pour mieux connaître votre vagin. Cela est utile pour guérir du vaginisme.

 

Que se passe t-il lors de la pénétration de la verge dans le vagin ?

Lors de la pénétration, normalement, le vagin se détend pour s’adapter exactement à la taille de la verge. Une image pas très “glamour “, mais parlante, est d’imaginer une chaussette que vous prenez et que vous enfilez: Elle est petite et fermée au départ. Puis elle se détend et s’adapte parfaitement à la forme du pied. Pour le vagin, c’est pareil.

Cela permet, au passage, de tordre le cou à l’idée que la taille du sexe de l’homme est importante. La taille de la verge est, sauf exception, toujours la bonne puisque c’est la femme qui s’adapte lors de la pénétration et non le contraire. Et la taille de base est la longueur du vagin “au repos”, soit 8 cm…

Quand la femme est détendue et souhaite faire l’amour,

  • Son vagin se relâche et épouse la forme verge.
  • L’excitation provoque la sécrétion de substance lubrifiantes.
  • Le rapport est plaisant.

 

Pourquoi peut-on ressentir une douleur pendant ou après les rapports ?mon copain n'arrive pas à me pénétrer vaginisme

Le système décrit ci-dessus ne fonctionne bien que si la femme est détendue et excitée par le rapport. Si pour une raison quelconque elle n’est pas détendue:

  • Le vagin n’est pas non plus relâché.
  • Les sécrétions sont absentes ou insuffisantes.
  • La muqueuse, peau fragile, se retrouve “prise en sandwich” entre la verge dure et les parois musculaires du vagin contractées.
  • Et la pénétration est douloureuse.

C’est généralement ce phénomène qui explique que le premier rapport sexuel d’une femme est réputé faire mal. La première fois que nous faisons l’amour, nous sommes tous stressés. Sauf que, nous les hommes, on nous a dit:

  • “Ca va être agréable”
  • “Tu vas devenir un homme”

La société et l’entourage véhicule, aux femmes, un message complètement différent:

  • “Tu vas avoir mal”
  • “Tu vas saigner”
  • “Ne tombe pas enceinte”
  • “La virginité d’une fille est importante”….

Le stress est donc beaucoup plus important chez la fille la première fois. Comme elle est “tendue” dans sa tête, elle est “tendue ” dans son corps. En plus, alors que les sécrétions seraient, plus que jamais, utiles, elles sont absentes car psycho-dépendantes. Et on est rarement excité à l’idée d’avoir mal et de saigner. C’est pour cela que je conseille toujours de prévoir du lubrifiant, pour éviter ou limiter la douleur, la première fois.

La douleur ressentie, par la femme, lors de la première pénétration est peu liée à la rupture de l’hymen (qui est d’ailleurs souvent déjà déchiré) mais plus au problème de tension musculaire que je viens de vous décrire.

La douleur après les rapports, elle, est généralement lié à l’irritation due au même phénomène.

Normalement, au second rapport sexuel, la femme est moins dans l’inconnu. Elle se détend donc et le rapport est moins douloureux. Et de rapport en rapport, elle se détend de plus en plus. Finalement faire l’amourt n’est plus douloureux du tout. L’esprit est plus disponible pour l’excitation. Les sécrétions vaginales arrivent et les rapports deviennent plaisants.

 

2-Le vaginisme primaire: Quand la première pénétration est impossible.comment soigner le vaginisme et pouvoir faire l'amour

On parle de vaginisme primaire quand il est impossible de faire l’amour depuis toujours.

  • Soit parce que la femme est tellement contractée, pour des raisons psychologiques ou de contexte, qu’elle n’arrive pas du tout à détendre les muscles du périnée et du vagin.
  • Soit parce que le garçon n’est pas sur de lui (par exemple si c’est la première fois pour lui aussi). Il risque alors de s’interrompre avant d’avoir été au bout du rapport ou de se “retirer” inquiet de la douleur de sa partenaire. Le problème est qu’alors, si le couple ré-essaye de faire l’amour quelques minutes après, l’appréhension de la femme est encore plus grande. Elle contracte fortement et involontairement les muscles du vagin et la pénétration est impossible.

Dans les deux cas il va s’installer un cercle vicieux:

Appréhension ===> Difficulté à lâcher prise et à se détendre ===> Muscles du vagin et du périnée contractés ===> Rapport douloureux voir impossible ===> Appréhension  ===> Difficulté à se détendre ===>Pénétration impossible et installation du vaginisme…

Il peut finir par s’installer une phobie du coït voir une phobie de faire l’amour, même sans pénétration.

 

3-Le vaginisme secondaire: Quand la pénétration est devenue douloureuse puis impossible.vaginisme et kit velvi comment soigner le vaginisme

Une sexualité avec pénétration a existé mais le vaginisme est apparu ensuite.

Beaucoup de femmes connaissent, à un moment de leur vie sexuelle, un ou des rapports douloureux . On parle de dyspareunie quand la pénétration est possible mais douloureuse. Cela peut-être lié à différentes causes:

  • Mycose
  • Cystite
  • Petite blessure au niveau de la vulve ou du vagin…

Dans la majorité des cas, la femme va en parler à son médecin, prendre un traitement, et le problème va disparaitre.

Parfois, cela va arriver sur ce que j’appelle un “terrain fertile”. C’est à dire un “terrain psychologique” facilitant l’installation d’un problème

  • Stress
  • Fatigue
  • Problèmes familiaux ou au travail
  • Tension de couple
  • Pendant ou après un évènement important (grossesse, décès dans la famille, examen…)

Le problème douloureux risque alors de devenir le début d’un phénomène de dyspareunie chronique. Quelques temps après avoir pris son traitement, la femme va refaire l’amour, mais sans être détendue. Elle ne va donc pas bien se détendre. Peut-être manquer d’excitation (Le rapport sexuel est relaxant pour la majorité des hommes, alors que la majorité des femmes à besoin d’être détendue pour faire l’amour).

Comme elle n’est pas bien relâchée manque un peu de lubrification

  • Elle va ressentir une pénétration douloureuse.
  • S’en inquiéter et retourner voir le médecin, pensant que le problème d’origine est toujours présent.
  • Celui-ci va lui donner un traitement plus fort.
  • Autant dire qu’au rapport sexuel suivant elle va surveiller la présence de la douleur. Ne pas être détendue et avoir mal.

Un cercle vicieux va alors s’installer:

  • Elle risque d’en reparler à son médecin qui va l’envoyer voir un spécialiste.
  • Le gynécologue va l’examiner et ne rien trouver de visible (plaie, lésion, bouton…) et risque de lui dire “vous n’avez rien”. Ce qui va encore plus l’inquiéter et l’atteindre psychologiquement. Alors qu’elle à quelque chose: Elle a mal. Mais cette douleur n’est plus provoquée par le problème initial mais par l’appréhension et la dyspareunie.
  • Le stress aidant, de pénétration douloureuse en pénétration douloureuse, elle va développer un vaginisme secondaire.

Et ce n’est pas une maladie mais un signe de bonne santé mentale.

Je dis souvent à mes patientes:

  • “Si, à chaque fois que vous tournez la tête à droite vous prenez une claque, vous allez arrêter de tourner la tête à droite”
  • “Et ce n’est pas un signe de mauvaise santé, plutôt de bonne…”
  • “C’est pareil pour le vaginisme. C’est un réflexe que vous avez involontairement développé pour vous protéger”

Le vaginisme n’est donc pas une maladie mais un réflexe qui s’est installé pour vous protéger d’une douleur.

Le problème est que cette douleur n’a plus de raison d’être et donc votre vaginisme également.

Si vous souhaitez pouvoir faire l’amour et être pénétrée sans avoir mal, cela est normal et vous avez le droit.

 

4-Pour guérir le vaginisme, il faut casser le cercle vicieux d’appréhension:pénétration impossible solution au vaginisme

Et cela passe par un travail portant sur plusieurs aspects:

  • Il faut que vous repreniez confiance en vous et en votre corps. Nouer ou renouer une relation plus agréable avec votre vagin.
  • Que vous appreniez à vous relaxer (vous n’êtes pas un vagin, vous êtes une femme. Chercher à détendre l’un sans détendre l’autre risque de vous mener à l’échec)
  • Faites des exercices et des massages pour permettre la relaxation musculaire du vagin et du périnée (au moyen d’auto-massages, d’exercices de contraction-relâchement…)
  • Reprenez confiance en vous grâce à des exercices de pénétration progressive. Un doigt ou un objet fin, deux doigts, le doigt du partenaire, un petit godemichet ou dilatateur…Jusqu’à la reprise d’un rapport avec pénétration, non douloureux.
  • Et surtout, faites de l’ypnose pour casser le cercle vicieux d’appréhension et reprendre confiance en votre capacité à être pénétrée.

Un suivi psychologique n’est pas obligatoire. Vous n’avez pas forcément de problème psychique, si ce n’est le cercle vicieux d’appréhension.

Cela n’empêche pas la guérison.

Celle-ci est fréquente sans pour autant passer par un parcours de thérapie psychique

( cependant si vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas…Cela peut être un complément intéressant)..

 

Conclusion:

  • Le vaginisme est un réflexe de contraction des muscles du vagin qui rend toute pénétration impossible. Il échappe donc à la conscience.
  • Il peut avoir toujours existé ou être apparu progressivement suite à une série de rapports sexuels douloureux.
  • Vous souhaitez être pénétrée mais c’est comme si une partie de vous, que vous ne contrôlez pas, le refusait.
  • Vous n’avez pas de malformation, vous n’êtes pas” trop petite”. Votre gynécologue aurait vu une malformation du vagin.
  • Il n’existe pas de médicament. Pour soigner un vaginisme, il faut se rééduquer par des exercices et des pénétrations progressives (un doigt, deux doigts, doigt du partenaire, petit godemichet ou dilatateur…). Reprendre progressivement confiance en sa capacité à être pénétrée.
  • Il faut aussi “casser” le cercle vicieux.

Appréhension/Tension des muscles du périnée et du vagin/Pénétration impossible/Appréhension…

Pour aller plus loin: La méthode que j’utilise avec mes patientes quand la pénétration est impossible ( a venir dans quelques jours…)

Une association qui regroupe des femmes souffrants de douleurs vulvaires, dyspareunie ou de vaginisme:

Les clés de Vénus

 

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